Mission Molière (titre provisoire)

Création 2022 pour l'espace public, soit… 400 ans après la naissance de Jean-Baptiste Poquelin en 1622

Vous pensez que de Molière on a tout dit ?
Et que chacun en est suffisamment instruit ?
Pourtant bien des gens n’en ont pas encore ri,
Notamment des trois œuvres que nous avons choisies.

Les candidats venus en nombre (le public) se massent sur le gradin et attendent de présenter leur bout d’essai.

Après une présentation succincte de la pièce et de l’équipe par Alexis, s’en suivent des auditions, plus ou moins concluantes selon les prétendants, d'autant que peu d'entre eux ont pris le temps d’apprendre le texte des extraits sélectionnés ! Seule la fraîche Agnès (qui, pure coïncidence, porte le même prénom que le rôle)  fera une prestation magistrale, qui forcera l’admiration de tous, y compris du condescendant Francis.

Le succès est à portée de main. Hélas, des tensions se font sentir dans l’équipe : la troupe accumule les retards et certains financements attendus semblent compromis. Les personnages et leurs fragilités se révèlent peu à peu. La querelle grandit, le doute s’installe : fallait-il vraiment répondre à cette commande ? Pourquoi se risquer à jouer un classique dans la rue ? Molière, n’est-ce pas un peu vu et revu ? Mais que diable allaient-ils donc faire dans cette galère ?

A l’occasion des festivités du 400è anniversaire de la naissance de Molière qui se dérouleront tout au long de l’année 2022, la commission interministérielle “Poquelin, pour aujourd'hui et pour demain” a lancé un appel à projet pour diffuser l’oeuvre de Molière dans l’espace public et apporter ainsi une plus-value qualitative à la production habituelle des arts de la rue. 

Alexis LEPARC, qui dirige une compagnie de théâtre de rue depuis plus de 30 ans, a remporté cet appel à projet en proposant une adaptation de L’École des femmes. Nul doute que la présence de Francis VILLEQUIN (ancien espoir de la scène des années 80, un temps pensionnaire de la Comédie-Française), a apporté une sérieuse caution au projet et pesé dans  le succès de cette candidature. 

Epaulé par la fidèle Catherine HERVE (son administratrice, chargée de production, de diffusion, attachée de presse, souffre-douleur et accessoirement ex-femme…), Alexis, notre metteur en rue,  organise aujourd’hui un casting en place publique afin de recruter les deux rôles encore vacants : Agnès et Horace. 

Seul un vrai coup de théâtre, comme savait si bien les trousser Molière, viendra résoudre l’intrigue de cette comédie rocambolesque et jubilatoire.

Où commence la fiction ? Quand s’arrête la réalité ? Tel Molière brocardant sa propre troupe dans L’Impromptu de Versailles, nous souhaitons nous amuser de ce principe du théâtre dans le théâtre en invitant le public à entrer dans l'intimité d’une création en cours… Et à y apporter sa part, car le public ne restera pas bien longtemps dans un simple rôle de spectateur !

3 pièces qui en disent long sur Molière...

Cette création pour l’espace public a pour source d’inspiration et toile de fond 3 des 32 pièces que Molière a laissées à la postérité : L’École des femmes, La Critique de L’École des femmes et l’Impromptu de Versailles. Il s’agira d’un joyeux mélange d’écriture originale (en prose contemporaine) et d’extraits des pièces.

Si nous avons choisi de nous intéresser au plus illustre des dramaturges français – dont nous fêterons justement le 400ème anniversaire en 2022, année de sortie de ce spectacle - c’est que derrière la renommée de son œuvre se cachent encore bien des mystères. A commencer par celui de son incroyable longévité et son éternelle actualité. En l’occurrence, les 3 pièces qui nous intéressent ici, et qui ont été au cœur d’une vive polémique restée dans l’histoire sous le nom de « La querelle de L’École des Femmes », lèvent une partie du voile sur ce prodige.

Elles posent aussi, avec beaucoup de malice et de bonne humeur, des questions qui nous taraudent encore aujourd’hui : A quoi sert le théâtre ? Outil politique ou simple divertissement ? Comment faut-il jouer ? Qu’est-ce que le bon goût ? Ne tâchons-nous pas d’aimer les mêmes choses que notre groupe d’appartenance ? N’y a-t-il pas une forme de mépris pour ceux qui aiment ce que nous n’aimons pas ? La qualité d’une pièce se mesure-t-elle à sa popularité ? Qui est légitime pour juger ? Qu’est-ce que le théâtre populaire ? Comment le considère-t-on ? Quels sont les codes et les règles aujourd’hui ? Jusqu’où faut-il plaire ? Plaire pour être financé ? Plaire pour être reconnu ? Enfin, elles nous offrent l’occasion de nous intéresser à la manière dont se fabrique un spectacle aujourd'hui. L'Impromptu de Versailles donne notamment à voir les comédiens dans l'exercice de leur art dont les préoccupations d’alors, ne sont pas très éloignées de celles des troupes d’aujourd’hui.

Depuis son origine, notre compagnie s’évertue à proposer un théâtre pluriel, ouvert et accessible à tous les publics, un théâtre qui s'installe et s'exprime dans des lieux inhabituels et tout particulièrement « hors les murs ». Ses œuvres y étant rarement jouées, il nous est apparu à la fois essentiel et enthousiasmant de porter le sujet « Molière » dans l’espace public. C’est en effet pour nous l’endroit idéal pour soumettre les questions posées précédemment à la réflexion des spectateurs d’âges, de cultures et d’horizons divers qui composent le parterre des spectacles de rue. Du reste, l’action de L’Ecole des femmes - la première et plus connue des pièces qui forment ce triptyque et qui va constituer le principal fil conducteur de notre scénario - se déroule précisément dans une rue.

Ce spectacle, que nous voulons tout à la fois enlevé, drôle et mordant, s’adressera à un public familial. Nous aimons instaurer avec le public un rapport de proximité, d’interactivité et de complicité en effaçant la distance entre spectateurs et artistes. Les spectateurs joueront ici un rôle particulier : celui d’intermittents inscrits à un casting. Ainsi ils pourront être amenés, dans une approche toujours bienveillante, à faire des bouts d’essais, à donner la réplique ou à figurer dans la répétition d’une scène…

Dessins : Christophe Hanon

Durée : 60 minutes
Jauge : 300 spectateurs.
2 comédiennes - 2 comédiens